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L’isolation
La première réglementation thermique date de 1974, mais l’isolation concerne toutes les habitations existantes. L’étude de l’isolation d’une habitation doit souvent se faire au cas par cas, tout particulièrement pour les constructions anciennes.
L’objectif de l’isolation est d’empêcher la chaleur de partir plutôt que d’empêcher le froid de rentrer en hiver. En effet, les parois d’une habitation non isolée ne retiennent pas la chaleur, qui les traverse sans les réchauffer. En été, l’isolation empêche la chaleur de rentrer. Le principe de l’isolation est de poser avec des matériaux ayant un pouvoir conducteur le plus faible possible une barrière entre l’extérieur et l’intérieur, entre le chaud et le froid.
L’isolation passe par le bien-être thermique, la maîtrise des fuites thermiques, l’air, l’aménagement interne de l’habitat, et elle peut être améliorée par des apports gratuits.
Comment concevoir l’enveloppe de sa maison ?
Quelques repères pour vous guider dans vos choix :
Le tableau suivant a pour objectif de décrire les solutions à mettre en œuvre pour respecter un niveau réglementaire et pour atteindre un niveau de bâtiment performant.
La performance thermique d’un isolant s’exprime au regard de sa résistance thermique (R en m2.°C/W).
La valeur R prend en compte l’épaisseur de l’isolant et sa conductivité thermique. Par ailleurs 20 cm d’épaisseur d’un même matériaux n’ont pas forcément la même résistance thermique. Il est donc nécessaire de comparer des isolants par rapport à la valeur R et non par rapport à leur épaisseur ou leur conductivité thermique. Plus R est grand, plus le matériaux est isolant.
La performance d’un vitrage s’exprime avec un Uw en W/m2.K. La valeur Uw exprime les performances d’une fenêtre dans son ensemble : vitrage + menuiserie. De manière générale les fenêtres PVC et bois ont des meilleures performances que l’aluminium qui est un matériaux très conducteur.
Plus Uw sera faible meilleure sera la performance du vitrage.
| Poste | Niveau Réglementaire Minimal | Niveau Batiment Performant |
| ISOLATION DE LA TOITURE | R= 5 soit environ : 20 cm de laine minérale | R ≥ 6 soit environ 30 cm de laine minérale |
| ISOLATION DES MURS | R= 2.5 soit environ : 10 cm de laine minérale ou 30 cm d’isolation répartie (type brique terre cuite) | R ≥ 3.5 soit environ : 15 cm de laine minérale ou 50 cm d’isolation répartie (type brique terre cuite) |
| ISOLATION DU PLANCHER | R= 2.5 soit environ : 10 cm de laine minérale | R ≥3.5 soit environ : 15 cm de laine minérale ou 10 cm de polyuréthane |
| VITRAGE | Uw = 2 soit l’équivalent d’une fenêtre bois avec double vitrage à isolation renforcée. 4/12/4 | Uw ≤ 1.5 soit l’équivalent d’une fenêtre bois avec double vitrage à isolation renforcée. 4/16/4 |
Les fournisseurs de matériaux ou les installateurs ont pour obligation de fournir toutes les valeurs techniques certifiées indiquées dans ce document (Uw, R...).
Au delà des performances de l’isolation, le choix des matériaux, l’orientation, la surface de vitrage, leur implantation (Nord, Sud, Est Ouest) l’utilisation de mode de chauffage performant, la ventilation sont autant de paramètres à respecter sans lesquels il est impossible de construire un bâtiment au niveau réglementaire ou à un niveau très performant.
Aussi nous invitons à vous référer à l’ensemble de nos rubriques traitant de ces sujets.
Liste des installateurs - Isolation par l’extérieur - Rhone

- Liste Installateurs
Des apports gratuits
L’isolation d’une maison peut être complétée par la mise en place d’autres éléments :
- des surfaces claires aux abords d’un bâtiment (graviers, dalles, etc.) réfléchissent sur les murs l’énergie solaire qu’elles reçoivent.
- des murs aux couleurs extérieures absorbantes (ocres, bruns, tours de fenêtres en noir) emmagasineront plus de rayonnement, donc auront une température de surface plus élevée. Attention toutefois aux risques de surchauffe en été.
- l’utilisation de vérandas et de serres
- d’autres apports gratuits sont l’utilisation de la chaleur dégagée par les appareils électroménagers, la cuisine, etc...
L’aménagement interne de l’habitat
Les pièces peu utilisées et à faible température sont à placer de préférence côté nord de l’habitat : ces " zones tampons " seront des intermédiaires isolants entre l’intérieur et l’extérieur, du côté le plus exposé au froid. La mise en place de zones tampons permet de réduire jusqu’à 30% la déperdition thermique totale. La salle de bains, le garage, la buanderie, les escaliers, le cellier, les couloirs, etc. constituent des zones tampons idéales.
Les fuites thermiques
La chaleur est une énergie qui se mesure en joule et se transmet selon les mécanismes de la conduction : par la matière ; de la convection : par l’air ; et du rayonnement : solaire. Les plus grosses fuites de chaleur s’effectuent par les surfaces : toiture, murs et vitrages. Ces points sensibles d’une habitation peuvent générer jusqu’à 60% des déperditions en chaleur.
Les jonctions entre les parois laissent également fuir la chaleur. Appelées " ponts thermiques ", elles peuvent participer de 5 à 25% à la fuite de chaleur.
Si la ventilation d’un habitat est indispensable, les mouvements d’air incontrôlés sont sources de déperdition thermique, qui augmente avec la vitesse du vent.
L’air
A condition d’être immobile, l’air est un très mauvais conducteur, donc un excellent isolant. Un matériaux isolant performant comprend donc le maximum d’air dans un très grand nombre de très petites cellules, qui lui garantissent son immobilité. Une importante masse volumique en air étant nécessaire pour bien isoler, les matériaux isolants sont donc forcément volumineux. (schéma)
Par contre, l’air mobile est très favorable de déperditions de chaleur. L’impact du vent sur un bâtiment n’est pas à négliger, car il augmente les pertes thermiques par convection. Dans certains cas, le bâtiment lui-même peut, de par sa forme, constituer une protection contre les vents dominants, comme par exemple des formes de toiture basses détournant les vents sans s’y opposer brutalement. Les façades peuvent également être protégées du vent par des écrans végétaux, des collines ou en étant semi-enterrées (les maisons semi-enterrées, très répandues en montagne, relèvent d’un système ancestral d’architecture bioclimatique).
Les ouvertures doivent être particulièrement à l’abri du vent. Elles sont donc à placer sur les façades ou dans des zones abritées. A défaut, un sas peut procurer une bonne protection. Les meilleurs sas sont ceux dont la distance entre les portes sera d’au moins 3 mètres, afin d’être certain que l’une sera déjà refermée quand l’autre s’ouvrira.
Le bien-être thermique
La notion de bien-être thermique inclut les dimensions culturelles et psychologiques, elle dépasse donc la simple notion de confort. Ce bien-être dépend de divers facteurs, comme la température des parois, la circulation de l’air dans l’habitat, etc. Des facteurs personnels interfèrent également sur le bien-être, et ils doivent être pris en compte lors de l’isolation.
Le bien-être diminue lorsque une différence de plus de 2°c existe entre les murs et l’air ambiant. Plus la différence de température est grande entre les murs et le plafond d’une pièce et l’air ambiant, plus le rayonnement froid des parois génère une sensation d’inconfort. En conséquent, une pièce chauffée à 19°c mais aux murs à 15°c sera plus confortable qu’une pièce à 22°c mais aux murs à 12°c.

- Brique monomur
- Cette brique isolante est destinée à la réalisation de murs porteurs, sans doublage d’isolation ; sa structure est conçue pour couper les ponts thermiques.
Le bien-être est également tributaire des mouvements d’air dans l’habitat. Des mouvements d’air importants augmentent les échanges thermiques entre le corps et l’extérieur. En hiver, le corps humain perd d’autant plus en chaleur qu’il est exposé à des courants d’air. L’aération de l’habitat doit donc être soigneusement étudiée afin d’assurer une bonne ventilation tout en évitant des mouvements d’air inutiles. En été, par contre, l’augmentation des échanges d’air contribue à la sensation de fraîcheur.
Enfin, des facteurs visuels peuvent jouer sur la sensation de chaleur : des couleurs chaudes évoqueront la lumière et la chaleur, tandis que des couleurs froides auront tendance à " rafraîchir " la pièce.
Publié le 21 août 2007.
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